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Fiche n° 16 : Au secours : ma pâtisserie fait du bruit !

Article créé le dimanche 12 février 2017

decisions-justice-commentees-16-350-233Cette nouvelle fiche de décision de justice commentée par Christophe Sanson concerne les nuisances sonores, tant nocturnes que diurnes, subies par le voisin d’une pâtisserie du fait des installations nécessaires à cet établissement : cinq groupes frigorifiques et trois condensateurs de climatisation installés dans une cour commune.

 

L’exercice d’une activité professionnelle peut être à l'origine de nuisances sonores, sources de désagrément pour les voisins. Certaines activités professionnelles non classées sont ainsi soumises à des règles de fonctionnement en matière de nuisances sonores par le Code de la santé publique (art. R. 1334-30 à R. 1334-37).

L’article R. 1334-32 du Code de la santé publique prévoit que lorsqu’un bruit a pour origine une activité professionnelle, l'atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l'homme est caractérisée, si l'émergence globale de ce bruit perçu par autrui est supérieure aux valeurs limites fixées par l’article R. 1334-33 de ce code.

En outre, lorsque ce bruit perçu à l'intérieur des pièces principales de tout logement d'habitation, fenêtres ouvertes ou fermées, est engendré par des équipements d'activités professionnelles, l’atteinte est également caractérisée si l'émergence spectrale de ce bruit est supérieure aux valeurs limites fixées par l’article R. 1334-34 du même code.

L’infraction en la matière réside donc dans le dépassement des valeurs limites fixées, qu’il s’agisse du bruit engendré par l’activité elle-même ou par ses équipements.

L’arrêt de la Cour d’appel de Fort-de-France reproduit en texte intégral ci-dessous, bien que rendu en matière civile, illustre de manière particulièrement pédagogique le contenu de ces articles. Il concerne les nuisances sonores, tant nocturnes que diurnes, subies par le voisin d’une pâtisserie du fait des installations nécessaires à cet établissement : cinq groupes frigorifiques et trois condensateurs de climatisation installés dans une cour commune.

Dans de tels cas, le juge est amené à identifier - le plus souvent, comme en l’espèce, sur la base d’un rapport d’expertise judiciaire - la présence d’un trouble anormal de voisinage ainsi qu’à imposer les travaux propres à y remédier et à indemniser le préjudice subi.

Arrêt de la Cour d’appel de Fort-de-France du 22 novembre 2016 (RG n°15/00135).

Téléchargez la fiche n°16 (format pdf)

 

Commentaires  

 
#2 SANSON 04-04-2017 06:30
Vous avez raison, toutefois la précision n'est utile que dans le cadre du contentieux pénal. Au civil l'émergence ne joue que comme un critère objectif de l'anormalité du trouble. Dans ces conditions une erreur dans le temps de mesurage n'a pas d'incidence.
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#1 BARLES 13-03-2017 01:44
Il est mentionné une durée de mesurages de 15 mn pour le bruit ambiant incluant le bruit particulier ; quant à la durée de mesurages du bruit résiduel (ou la durée cumulée totale des intervalles de mesurages), elle n'est pas précisée. On peut juste rappeler que l'Arrêté du 05/12/2006 relatif aux modalités de mesurage des bruits de voisinage dispose (Art. 4) que "Pour le calcul de l’émergence globale et de l’émergence spectrale, la durée cumulée des intervalles de mesurage des niveaux sonores, qui doit comprendre des périodes de présence du bruit particulier et des périodes de présence du bruit résiduel seul, est au moins égale à trente minutes".
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